Position de BirdLife du 6 février 2026
Lors de la session de décembre, les Conseil des États a débattu de ce qu'on appelle le programme d'allègement (budgétaire) 2027, qui menace bien plutôt d'apporter de fortes charges au lieu d'un soulagement pour les générations futures. Mais il y a eu des surprises à ce sujet.
En raison de la forte augmentation des dépenses militaires, de la 13e rente AVS et des réformes fiscales déficitaires, ainsi que pour respecter le frein à l'endettement, le Conseil fédéral a fait élaborer le paquet d'allègement budgétaire 2027 il y a environ un an et demi. BirdLife avait déjà communiqué sur ce thème et avait notamment posé les questions suivantes : Est-ce le bon moment pour une augmentation rapide et forte des dépenses militaires, qui en soi sont légitimes, alors que pratiquement chaque deuxième acquisition et chaque deuxième grand projet militaire se terminent actuellement par un fiasco ? Et quelles dépenses correspondent réellement aux tâches de l'État ? À l'époque, les coûts massivement accrus pour les F-35 n'étaient même pas encore connus. Malgré tout, ces questions continuent à être éludées dans le discours public.
Les réductions budgétaires prévues affectent fortement le climat et la nature. C'est pourquoi BirdLife ne considère pas l'ensemble comme un programme d'allègement, mais plutôt comme un paquet de charges pour les générations futures. Les réductions dans les tâches conjointes dans le domaine de l'environnement mettraient gravement en danger la biodiversité en Suisse et augmenteraient directement et indirectement les risques naturels. L'abolition du Fonds Suisse pour le Paysage (FSP) affecterait également directement la nature et la biodiversité. Et les coupes dans l'éducation à l'environnement compliqueraient l'intégration de la biodiversité dans toutes les politiques sectorielles, alors qu'il faudrait au contraire urgemment l'améliorer.
|
|
« Les réductions budgétaires prévues affectent fortement le climat et la nature. »Raffael Ayé, Directeur de BirdLife Suisse |
Les fonds du FSP ainsi que ceux des tâches conjointes dans le domaine de l'environnement sont versés en grande partie aux agriculteur·trice·s, aux professionnel·le·s de la forêt et à d'autres parties prenantes des zones rurales pour des mesures concrètes en faveur de la nature ou de la protection contre les risques naturels. C'est précisément pour cette raison que la population et les petites entreprises des régions rurales et des cantons montagnards ne peuvent avoir aucun intérêt à ces réductions.
C'est aussi pour cela que l'abolition du FSP et les réductions dans les tâches conjointes dans le domaine de l'environnement ont été très controversées au Conseil des États. Le premier point a été rejeté sur proposition de Heidi Z'graggen. Maintenant, le Conseil national doit aussi retirer cette mesure du programme du Conseil fédéral et assurer ainsi la pérennité du FSP. La réduction dans les tâches conjointes dans le domaine de l'environnement a été adoptée au Conseil des États de justesse par 24 voix à 20. Il faut maintenant espérer que le Conseil national, notamment en raison du résultat serré au Conseil des États, remette en question et supprime cette mesure. BirdLife militera également auprès du Conseil national pour le maintien des importantes contributions à l'éducation à l'environnement, par exemple pour les professionnel·le·s des différents secteurs.
Il faut également noter que la Suisse continue de dépenser des dizaines de milliards par an en subventions nuisibles à la biodiversité et au climat. Ce domaine comporte un grand potentiel pour de véritables économies et des gains d'efficacité.
Il y a tout de même une lueur d'espoir : Après que le Conseil des États se soit distingué ces dernières années par plusieurs décisions clivantes et radicales contre la nature, la correction concernant le FSP et le résultat serré dans les tâches conjointes du domaine de l'environnement constituent une surprise positive. Il faut espérer que le Conseil des États se rappelle davantage de son rôle antérieur de « Chambre de réflexion » et assume ainsi sa responsabilité envers la nature et les générations futures !
Le Directeur Dr Raffael Ayé résume ici la position de BirdLife Suisse sur les questions politiques.
Image : Les financements en faveur de la protection de la nature profitent souvent aux agriculteur·trice·s et autres parties prenantes du monde rural, qui fournissent des services concrets en retour. Réduire ici serait une erreur. © M. Vacchiano





