Sacrifier la nature sur l'autel du tournant énergétique ?

Communiqué du 4 septembre 2013

Le Conseil fédéral a confirmé le tournant énergétique en adoptant la Stratégie énergétique 2050. Un pas dans la bonne direction. BirdLife Suisse critique cependant les importantes atteintes au paysage et à la biodiversité induites par la Stratégie. Pour BirdLife Suisse, la facture que devra payer la nature est inacceptable.

IEn introduisant la notion d'intérêt national pour les projets éoliens et hydro-électriques, même à des valeurs de production très basses, le Conseil fédéral se met un auto-goal. A chaque fois que des projets énergétiques porteront atteinte à la nature et à la faune, leur acceptation sera remise en question par la population. La désignation artificielle de projets d'importance nationale, qui remet en cause la protection de la nature, n'est ni utile ni souhaitable. Les projets importants et les grandes installations auront de facto le caractère "national".

Il est d'autre part insoutenable selon BirdLife Suisse que les cantons puissent – sans aucune obligation – désigner des zones d'exclusion d'installations hydroélectriques ou éoliennes. C'est la porte ouverte à une protection de la nature à deux vitesses dans notre pays.

Avec le fait que des petites installations hydro-électriques pourraient être réalisées dans des périmètres de protection de la nature, le Conseil fédéral planifie une exploitation effrénée des milieux naturels. C'est d'autant moins compréhensible qu'il prépare dans le même temps une Stratégie Biodiversité Suisse et qu'il manque dans le domaine de l'efficacité énergétique (le plus prometteur en terme de gain énergétique) de véritables mesures comme la taxe d'incitation sur l'énergie, dont le produit retournerait à l'économie et à la population. La Loi sur le CO2 sera diluée. La construction de centrales à gaz sera toujours d'actualité. Le Conseil fédéral capitule même face au remplacement des énergivores chauffages électriques.

 


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